Analyse de Pluie de Francis Ponge dans Le Parti pris des choses

Analyse de Pluie de Francis Ponge dans Le Parti pris des choses

I) La description de la pluie

Grâce aux compléments circonstanciels de lieu qui précisent toutes les variation de la pluie, le poète multiplie les angles de vision. Les périphrases ainsi que les métaphores et comparaisons qui décrivent la pluie dans le poème donnent de celle-ci une image décomposée en minuscules particules qui fait penser à une peinture cubiste. Le discours du poète se veut scientifique, en alternant comme au cinéma la vision d’ensemble et la focalisation rapprochée, mais il reste cependant empreint de subjectivité.

 

II) Les mots recréent la pluie

La proposition « la pluie court » exploite la polysémie du verbe courir en personnifiant la pluie. Les mots sont choisis pour leurs sonorités qui reproduisent le clapotis de la pluie. Ainsi les assonances en [i] et les allitérations en [s] créent un effet d’harmonie imitative. Enfin le participe passé « plu », dans la conclusion du poème, peut aussi bien être celui du verbe pleuvoir que celui du verbe plaire. Ainsi cette ambiguïté permet-elle de rapprocher le mécanisme de la pluie du travail de l’écriture poétique. 

 

III) Une mise en abyme de l’écriture poétique

Nous ne sommes pas dans une description de type encyclopédique car la présence du poète se ressent à travers les nombreuses marques de modalisation : « semblent », « presque », « parfaitement », « hasardeux »… Dans ce poème comme dans l’ensemble du recueil « Le Parti pris des choses », Francis Ponge cherche à faire coïncider les mots et les objets décrits. Ainsi la comparaison à un mécanisme d’horlogerie (« Lorsque le ressort s’est détendu, certains rouages quelques temps continuent à fonctionner ») est-elle une métaphore du fonctionnement de l’inspiration lors du processus d’écriture poétique.

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