Analyse de Le Papillon de Francis Ponge dans Le Parti Pris des choses

Analyse de Le Papillon de Francis Ponge dans Le Parti Pris des choses

Tout d’abord, Ponge fait le portrait en mouvement du papillon, un insecte volatile fragile, qui vit sous la forme d’une chenille avant de passer à sa forme définitive. Dans ce poème, Ponge suit la métamorphose du papillon. On assiste à chacune des étapes de sa transformation : son passage de chenille à papillon (“Mais comme chaque chenille eut la tête aveuglée [...] par la véritable explosion d'où les ailes symétriques flambèrent”), ou encore à son premier envol (“les papillons tout à coup prennent leur vol”). Chaque paragraphe est consacré à l’une des transformations subies par le papillon, ce qui rend le poème très structuré. De plus, Francis Ponge fait une métaphore du papillon en étincelle : “les ailes symétriques flambèrent”, “Allumette volante”, “sa flamme”. Cette métaphore représente donc l’inspiration du poète ; c’est-à-dire le moment où son imagination se réveille et apparaît telle une illumination dans son esprit. Enfin, on apprend que la vie du papillon est une lutte de chaque instant, puisque c’est un être faible qui doit constamment survivre à sa faiblesse. En effet, le papillon est en difficulté dans toutes les étapes de sa vie, du début à la fin.

 

On remarque que le papillon est un insecte dépendant de la fleur.  Il a besoin d’elle pour vivre sinon il serait encore plus fragile qu’il ne l’est déjà. Dans tout le texte, le papillon  vit en symbiose avec la fleur. Le papillon prend son envol seulement quand la fleur est prête (“Lorsque le sucre [...] surgit au fond des fleurs [...] un grand effort se produit par terre d'où les papillons tout à coup prennent leur vol”) et il arrive très souvent après la fleur, par exemple au moment de son éclosion (“il arrive trop tard et ne peut que constater les fleurs écloses”). En effet, il faut que le poète observe la beauté (“la fleur”) pour trouver l’inspiration.  La vie de cet insecte est en outre une métaphore de la condition humaine, puisque le papillon est un insecte très fragile et éphémère comme l’homme : “Minuscule voilier des airs maltraité par le vent”.

 

Enfin, on peut voir dans le “Papillon” une représentation de l’activité poétique. La naissance et le vol du papillon sont assimilés au début de la création poétique. Comme le suggère Ponge, le poète a du mal à concrétiser son inspiration (“un grand effort se produit par terre d'où les papillons tout à coup prennent leur vol”). Ensuite, le poète prend confiance en lui et se laisse porter au gré de sa fantaisie créatrice : “Dès lors le papillon erratique ne se pose plus qu'au hasard de sa course”. Et même s’il a du mal à se faire comprendre de la foule, le poète continue d’aller vers les autres  : “Allumette volante, sa flamme n'est pas contagieuse”. Pourtant, le poète souffre des critiques qu’on lui adresse “Minuscule voilier des airs maltraité par le vent”, et se réfugie alors dans son monde “il vagabonde au jardin.”

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