Histoire abrégée de la mort de Jean Calas

Histoire abrégée de la mort de Jean Calas

Introduction

 

Dans le paysage littéraire et philosophique du XVIIIe siècle, Voltaire se distingue comme un écrivain et philosophe des Lumières, connu pour ses contes philosophiques et son engagement actif dans les affaires publiques et politiques. Sa vie, marquée par des condamnations et des exils, témoigne de son caractère controversé, mais aussi de son influence et de son respect à travers l'Europe. L'extrait étudié est issu de l'Histoire abrégée de la mort de Jean Calas, qui figure dans le chapitre 1 du Traité sur la Tolérance, rédigé en 1763 en réaction à l'affaire Calas. Ce texte, au-delà de sa quête pour la révision du procès de Calas, s'attaque à l'intolérance et au fanatisme qui ont caractérisé le jugement, incarnant ainsi l'esprit de combat des Lumières.

 

I. Un plaidoyer à visée polémique

 

1. Défense de Jean Calas

 

Voltaire emploie une argumentation basée sur la logique et le bon sens pour défendre Jean Calas, en s'adressant directement à l'opinion publique. Il insiste sur la faiblesse physique de Calas, un "vieillard" aux "jambes enflées et faibles", pour éveiller la compassion. L'utilisation répétée du terme "vieillard" vise à renforcer cette impression de vulnérabilité. En contrastant le père avec le fils, Voltaire crée des antithèses marquées par une symétrie syntaxique, soulignant l'absurdité de l'accusation portée contre un homme faible et âgé.

 

2. Défense de sa famille et amis

 

Dans cette partie, Voltaire construit une argumentation rigoureuse pour défendre la famille et les amis de Calas. Il utilise le terme "absurde" pour remettre en question la logique de l'accusation et propose des hypothèses alternatives, comme celle impliquant la servante, pour montrer l'illogisme des accusations. Il emploie des questions rhétoriques pour souligner cette absurdité, ne fournissant pas de réponses car elles semblent évidentes.

 

3. Le supplice de Jean Calas

 

Voltaire critique ouvertement la justice, mettant en lumière la progression de son raisonnement dans le premier paragraphe à travers l'utilisation du conditionnel et du présent de vérité générale. Il aborde la peur et la terreur de Calas face à son exécution, soulignant implicitement la responsabilité et la gravité des actes des juges. La référence à Athènes et à la Grèce antique sert d'argument d'autorité, comparant la justice française, jugée plus dure et moins humaine.

 

II. Un essai qui cherche à convaincre et persuader

 

1. Voltaire s'adresse à la raison

 

Voltaire utilise une série d'arguments pour parler à la raison du lecteur. Il reconstitue la scène du crime comme une enquête policière, fournissant des preuves et utilisant des connecteurs logiques pour construire un récit cohérent et convaincant. L'emploi du "nous" inclusif et des questions rhétoriques engage le lecteur dans son raisonnement.

 

2. Persuader par le pathétique

 

Parallèlement, Voltaire utilise le registre pathétique pour émouvoir le lecteur. La description de la souffrance de Jean Calas, son âge et sa faiblesse, ainsi que l'utilisation d'anaphores et d'hyperboles, renforcent le caractère absurde et injuste de l'accusation. La scène finale, où Calas pardonne à ses juges sous la torture, est particulièrement édifiante, mettant en lumière son innocence et sa grandeur d'âme.

 

Conclusion

 

Voltaire, dans cet extrait, s'élève contre les dysfonctionnements de la justice et l'intolérance religieuse, utilisant son talent littéraire pour mener un combat contre le fanatisme. Ce texte illustre parfaitement le rôle de l'écrivain engagé, typique des philosophes des Lumières, qui lutte contre l'injustice et milite pour la tolérance. La référence à la "Prière à Dieu" en conclusion du Traité sur la Tolérance souligne cet engagement contre l

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