19. janvier 2020
Vers 173 à 201 De là mes cris. Un jour, quand l'homme sera sage, Lorsqu'on n’instruira plus les oiseaux par la cage, Quand les sociétés difformes sentiront Dans l'enfant mieux compris se redresser leur front, Que, des libres essors ayant sondé les règles, On connaîtra la loi de croissance des aigles, Et que le plein midi rayonnera pour tous, Savoir étant sublime, apprendre sera doux. Alors, tout en laissant au sommet des études Les grands livres latins et grecs, ces solitudes Où...

19. janvier 2020
Souvent sur la montagne, à l’ombre du vieux chêne, Au coucher du soleil, tristement je m’assieds ; Je promène au hasard mes regards sur la plaine, Dont le tableau changeant se déroule à mes pieds. Ici, gronde le fleuve aux vagues écumantes ; Il serpente, et s’enfonce en un lointain obscur ; Là, le lac immobile étend ses eaux dormantes Où l’étoile du soir se lève dans l’azur. Au sommet de ces monts couronnés de bois sombres, Le crépuscule encor jette un dernier rayon, Et...

06. janvier 2020
Colin terminait sa toilette. Il s'était enveloppé, au sortir du bain, d'une ample serviette de tissu bouclé dont seuls ses jambes et son torse dépassaient. Il prit à l'étagère de verre, le vaporisateur et pulvérisa l'huile fluide et odorante sur ses cheveux clairs. Son peigne d'ambre divisa la masse soyeuse en longs filets orange pareils aux sillons que le gai laboureur trace à l'aide d'une fourchette dans de la confiture d'abricots. Colin reposa le peigne et, s'armant du coupe-ongles,...

02. décembre 2019
I - Le rôle de l’imagination Les premiers mots du poème évoquent un rêve ou une vision insolites car le poète compare sa femme avec des animaux ou à des objets pas forcément réels comme par exemple “Ma femmes à la chevelure de feu de bois”. Avoir une chevelure de feu de bois n’est pas possible dans la vie réel mais est possible dans un rêve. Le poète compare sa femme avec des images insolites comme par exemple “Ma femme aux épaules de champagne” ou encore “Ma femme au...

02. décembre 2019
Paysage polaire Un monde mort, immense écume de la mer, Gouffre d'ombre stérile et de lueurs spectrales, Jets de pics convulsifs étirés en spirales Qui vont éperdument dans le brouillard amer. Un ciel rugueux roulant par blocs, un âpre enfer Où passent à plein vol les clameurs sépulcrales, Les rires, les sanglots, les cris aigus, les râles Qu'un vent sinistre arrache à son clairon de fer. Sur les hauts caps branlants, rongés des flots voraces, Se roidissent les Dieux brumeux des...

29. novembre 2019
Ne reprenez, Dames, si j'ai aimé, Si j'ai senti mille torches ardentes, Mille travaux, mille douleurs mordantes, Si en pleurant j'ai mon temps consumé, Las ! que mon nom n'en soit par vous blâmé. Si j'ai failli, les peines sont présentes. N'aigrissez point leurs pointes violentes ; Mais estimez qu'Amour, à point nommé, Sans votre ardeur d'un Vulcan excuser, Sans la beauté d'Adonis accuser, Pourra, s'il veut, plus vous rendre amoureuses En ayant moins que moi d'occasion, Et plus...

25. novembre 2019
Prédit me fut que devait fermement Un jour aimer celui dont la figure Me fut décrite ; et sans autre peinture Le reconnus quand vis premièrement. Puis le voyant aimer fatalement, Pitié je pris de sa triste aventure, Et tellement je forçai ma nature, Qu'autant que lui aimai ardentement. Qui n'eût pensé qu'en faveur devait croître Ce que le Ciel et destins firent naître ? Mais quand je vois si nubileux apprêts, Vents si cruels et tant horrible orage, Je crois qu'étaient les infernaux...

24. novembre 2019
Plainte Vrai sauvage égaré dans la ville de pierre, À la clarté du gaz, je végète et je meurs. Mais vous vous y plaisez, et vos regards charmeurs M'attirent à la mort, parisienne fière. Je rêve de passer ma vie en quelque coin Sous les bois verts ou sur les monts aromatiques, En Orient, ou bien près du pôle, très loin, Loin des journaux, de la cohue et des boutiques. Mais vous aimez la foule et les éclats de voix, Le bal de l'Opéra, le gaz et la réclame. Moi, j’oublie, à vous...

19. novembre 2019
Ô beaux yeux bruns, ô regards détournés, Ô chauds soupirs, ô larmes épandues, Ô noires nuits vainement attendues, Ô jours luisants vainement retournés ! Ô tristes plaints, ô désirs obstinés, Ô temps perdu, ô peines dépendues, Ô milles morts en mille rets tendues, Ô pires maux contre moi destinés ! Ô ris, ô front, cheveux bras mains et doigts ! Ô luth plaintif, viole, archet et voix ! Tant de flambeaux pour ardre une femelle ! De toi me plains, que tant de feux portant, En...

12. novembre 2019
Comment la description picturale du paysage symbolise-t-elle les émotions du personnage ? I - Une description esthétique Les détails qui montre un soucis de précision sont qu’il décrit la tempête sur Paris en ne montrant que les dégâts avec les gouttières, les ardoises, … “les persiennes qui battaient, les ardoises qui volaient, les tuyaux de cheminées et les gouttières”. Les métaphores sont : “Dressant leurs silhouettes grises, enveloppés encore des lambeaux de la brume...

Afficher plus